Des protocoles bien établis autorisent parfois l’eau citronnée pendant le jeûne intermittent, du moment qu’elle reste sans sucre ni calories ajoutées. Pourtant, l’acide citrique et la vitamine C présents dans le citron suscitent des débats : impactent-ils la cétose ou l’autophagie, ces mécanismes recherchés lors du jeûne ?
Les publications scientifiques ne s’accordent pas toujours : certaines mettent en avant des effets positifs ou neutres sur la sensation de satiété, la glycémie ou la perte de poids, mais tout dépend de la composition précise de l’eau citronnée et du protocole suivi. Les avis évoluent selon le métabolisme de chacun et les buts poursuivis, ce qui impose une réflexion au cas par cas.
L’eau citronnée et le jeûne intermittent : de quoi s’agit-il concrètement ?
Le jeûne intermittent, aussi appelé intermittent fasting, consiste à alterner entre des phases sans alimentation et des plages horaires où l’on mange normalement. Plusieurs rythmes cohabitent : la méthode 16/8 (on s’alimente pendant 8 heures seulement), le modèle 5:2 (deux journées très allégées par semaine), la version 36/12 pour les plus aguerris, ou l’OMAD (un seul repas par 24h). Les objectifs varient, mais la quête reste globalement la même : améliorer le métabolisme, mieux contrôler la masse grasse, ou stabiliser la glycémie.
Il existe aussi le jeûne hydrique, qui limite l’apport à l’eau pure, ou éventuellement à certaines boissons dépourvues de calories. C’est dans ce contexte que l’on croise l’eau citronnée. Plébiscitée pour la vitamine C et les polyphénols du citron, elle s’invite dans plusieurs routines. On la retrouve aussi dans des régimes radicaux alliant citron, sirop sucré et piments, mais ces formules « détox » ne disposent pas d’une assise scientifique convaincante.
Tour d’horizon des principaux protocoles de jeûne intermittent
Les adeptes du jeûne intermittent suivent en général l’une de ces variantes :
- 16/8 : 16 heures sans manger, puis 8 heures de prises alimentaires
- 5:2 : cinq jours classiques, deux jours à calories très basses
- OMAD : un repas unique dans la journée
- 36/12 : alternance de 36 heures de jeûne, suivies de 12 heures où l’on mange
L’usage de l’eau citronnée durant le jeûne intermittent intrigue par ses promesses : effet hydratant, coup de pouce pour éliminer certains déchets métaboliques. Le citron doit sa renommée à ses flavonoïdes, sa pectine, son acidité naturelle. On cite souvent ses possibles bénéfices sur la digestion ou la stimulation de la bile. Malgré tout, nulle boisson ne remplace une alimentation équilibrée et la constance sur la durée.
Effets sur la santé et la gestion du poids : que disent les études ?
Le jeûne intermittent s’est imposé grâce à des résultats solides concernant la réduction de la masse grasse et l’optimisation de certains indicateurs métaboliques. De nombreuses recherches décrivent un impact sur la sensibilité à l’insuline, l’atténuation de l’inflammation et l’ajustement des hormones de la faim telles que la leptine, la ghréline ou le GLP-1. Ce type d’approche favorise aussi l’autophagie, ce ménage cellulaire qui limite le risque de troubles métaboliques.
S’appuyant sur ce constat, des études pointent également l’amélioration de la diversité du microbiote intestinal et une régulation de l’appétit via des glycémies plus stables sur la journée.
L’eau citronnée, de son côté, a été bien moins étudiée par la littérature scientifique. On sait qu’elle contient de la vitamine C, des flavonoïdes (comme la naringine), et différents polyphénols au fort pouvoir antioxydant, qui favorisent la santé du foie et protègent l’organisme. L’acide citrique qu’elle renferme stimule légèrement la bile, tandis que la pectine ralentit l’absorption des sucres, d’où un effet modéré sur la satiété.
En revanche, aucun travail ne montre que l’eau citronnée à elle seule influence la perte de poids. Elle peut cependant faciliter l’hydratation ou soutenir le confort digestif pendant le jeûne. Elle ne se substitue jamais à une alimentation réfléchie et adaptée, c’est un geste complémentaire.
Eau citronnée et jeûne intermittent : mode d’emploi et points de vigilance
L’interrogation revient régulièrement : l’eau citronnée interrompt-elle le jeûne intermittent ? Lorsqu’on se limite à quelques gouttes de jus sans sucre ajouté dans un grand verre d’eau, le métabolisme ne sort pas de sa phase de jeûne. Beaucoup y voient une aide bienvenue pour le palais durant les longues fenêtres sans repas.
On fait le point sur les boissons qui s’accordent avec le jeûne intermittent :
- Eau nature ou pétillante, café noir, thé vert ou tisanes sans sucre figurent sur la liste des choix sûrs.
- Les boissons aromatisées naturellement au citron sont tolérées, si elles ne contiennent aucun sucre ni édulcorant.
- Pour les jeûnes longs, certains acceptent un bouillon de légumes clair.
D’un autre côté, plusieurs boissons sont à écarter pour éviter toute rupture du processus :
- Les jus de fruits, même fraîchement pressés, à cause de leur teneur en sucre.
- Les sodas, boissons énergisantes ou liquides aromatisés, y compris leurs variantes allégées.
- L’eau citronnée sucrée ou additionnée d’ingrédients caloriques.
La quantité d’eau consommée doit toujours s’adapter à l’intensité de l’activité physique et aux besoins individuels. Mieux vaut répartir l’hydratation sur la journée et être attentif à sa propre soif. Un point d’attention : l’acidité de l’eau citronnée fragilise facilement l’émail des dents. Utiliser une paille et rincer sa bouche à l’eau claire atténuent ce risque d’érosion.
Risques réels, limites et précautions à envisager
Le jeûne intermittent, même avec l’apport de l’eau citronnée, ne convient pas à tout le monde et comporte certains écueils. Au début, un manque d’énergie, des maux de tête ou des vertiges peuvent survenir, signes que le corps s’ajuste à cette nouvelle routine. Sur le plus long terme, un déséquilibre alimentaire durant les fenêtres de repas expose aux carences : faiblesse musculaire, troubles de la concentration ou variations d’humeur peuvent alors s’installer insidieusement.
Certains profils doivent s’abstenir : il n’est pas recommandé aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes âgées ou à celles ayant déjà vécu des troubles du comportement alimentaire. Dans de tels cas, consulter un professionnel de santé avant toute expérimentation demeure prudent et responsable.
Côté eau citronnée, la vigilance s’impose quant à l’acidité du citron : consommée en trop grande quantité, elle use l’émail dentaire. Doubler la prudence en buvant à la paille et en rinçant systématiquement la bouche suffira souvent à limiter l’impact. Quant aux cures restrictives impliquant uniquement de l’eau citronnée et quelques autres ingrédients, elles génèrent d’autres problèmes : perte de nutriments essentiels, grande fatigue, déséquilibres parfois sévères.
Pour préserver l’hydratation et le bon équilibre intestinal, il est judicieux d’alterner les périodes de jeûne avec des repas variés et riches en micronutriments. Cela soutient la diversité du microbiote et réduit l’apparition d’effets secondaires.
L’eau citronnée peut trouver sa place à côté du jeûne intermittent, à condition de garder le cap sur la nuance et l’écoute de soi. Surveillance, adaptations et respect de ses besoins : c’est là que réside le véritable bénéfice, celui d’un jeûne aligné avec la vitalité, et non avec la privation à tout prix.


